Édition 2024

Le bilan de l’édition 2024 est téléchargeable ici :

ÉDITO

Une société conviviale, où toutes les espèces sauront cohabiter.

Ciné-Jardins a 10 ans : d’abord cantonné au documentaire dans les jardins partagés, notre festival de cinéma en plein air et d’écologie a grandi au fil des années pour aborder tous les genres de cinéma (fiction, animation…) et tous les lieux où l’humain côtoie d’autres espèces dans les quartiers populaires du Nord-Est parisien : parcs publics, fermes urbaines, cités-jardins, jardins familiaux, rues végétalisées…
Mais l’idée de départ est restée la même : faire découvrir des lieux de nature dans des quartiers méconnus de la ville (visite guidée du jardin à 18h), organiser des rencontres entre habitant·te·s d’horizons divers (buffet participatif tendance bio végétarien), réfléchir et se mobiliser ensemble autour des questions d’écologie (film).
Et ça a plutôt bien marché. En 9 éditions, ce sont plus de 11 000 personnes qui ont partagé cette expérience avec nous, dont plus de 2 000 en 2023. Parmi ces dernières, 40 % étaient nées hors de France, l’âge moyen était de 25 ans, les deux tiers ont fait au moins une rencontre durant le festival, les trois quarts sont reparties avec l’envie de se mobiliser davantage pour l’écologie.

En dix ans, qu’avons-nous appris ? Que même si ses limites éclatent au grand jour, la planète est encore plus vaste et plus diverse que nous le pensions. Tout le monde – c’est-à-dire tous les êtres vivants – s’y presse pour y vivre la meilleure vie qu’il peut. Les humains ne sont pas seuls, leur épanouissement passe par des relations harmonieuses avec les autres Terriens. Mais la vie est précaire. C’est ce que tou·te·s ont en commun.

En musiques, en visites de jardins, en repas partagés, en films, Ciné-Jardins 2024 raconte cette histoire. Nanouk l’esquimau risque sa vie et celle de sa famille à chaque geste accompli sur la banquise arctique. Des manchots empereurs se repassent un œuf de pattes à pattes pour éviter que leur futur bébé ne se fracasse sur le sol antarctique (La Marche de l’empereur). Des humains détruisent tout sur leur passage à mesure que la société industrielle se répand dans l’Ouest des Etats-Unis (Birds of America). Des enfants partent à la recherche de leur père happé par la grande machine économique en Amérique latine (Le Garçon et le monde, Mia et le Migou). D’autres enfants ressentent leur solitude d’humain et fraternisent avec les poissons au Japon (Ponyo sur la falaise)… Et pendant que ce monde s’affole (Koyaanisqatsi), des femmes nigériennes marchent de plus en plus loin pour aller simplement chercher de l’eau (Marcher sur l’eau). Certes, des humains ouvrent d’autres voies : dans la riche Suisse, des citoyenn·ne·s essaient de régénérer la terre plutôt que de la détruire (Wild Plants). Mais au final, il nous semble utile de clore ce parcours par la simple observation de baleines, mammifère cent fois plus ancien que l’humain et qui a su de longue date construire une vie en harmonie avec les autres espèces (Les Gardiennes de la planète… discret hommage à Paul Watson). Ciné-Jardins est gratuit : nous vous invitons, au sens littéral du terme, à ce grand voyage à travers quatre continents et océans.

En France, l’été 2024 s’est ouvert sur un risque historique de repli sur soi. Mais grâce à l’action déterminée de quelques un·e·s, et à la prise de conscience du plus grand nombre, nous avons su collectivement réagir pour éviter le pire et ouvrir une parenthèse olympique enchantée, faite de l’accueil joyeux du monde entier et de la célébration de sa diversité. Cette parenthèse se poursuit ces jours-ci par les jeux paralympiques, dont les athlètes sont d’immenses modèles de résilience et d’humanité.

Ciné-Jardins aimerait poursuivre cette parenthèse enchantée, le plus longtemps possible : c’est pourquoi nous nous adressons particulièrement aux enfants, avec six séances très accessibles au public le plus jeune, et la projection de courts métrages d’écologie réalisés par des enfants de la Goutte d’Or (Paris 18e). Mais 10 ans est aussi l’âge de l’autonomie de pensée. « J’appelle conviviale une société où l’outil moderne est au service de la personne », écrivait Ivan Illitch en 1973, à l’époque où la société industrielle commençait à douter d’elle-même. A Ciné-Jardins, nous appelons de nos vœux une société conviviale, où toutes les espèces sauront cohabiter.

Benjamin Bibas et Marine Cerceau, coordination Ciné-Jardins 2024

La bande annonce :

PROGRAMMATION

JEUDI 22 AOÛT
JARDIN VILLEMIN – MAHSA JÎNA AMINI
(Paris 10e)

Nanouk l’Esquimau (Robert Flaherty, 1922)
Nanouk l’Esquimau nous plonge dans la vie d’un chasseur inuit et de sa famille dans l’Arctique canadien. Ce film historique met en lumière la relation étroite entre l’homme et la nature, soulignant la précarité de la vie humaine dans un milieu inhospitalier. Il est aussi un documentaire sur le Nord polaire, écosystème en voie de disparition à cause du changement climatique.

VENDREDI 23 AOÛT
PARC CHAPELLE CHARBON
(Paris 18e)

La Marche de l’Empereur (Luc Jacquet, 2005)
La Marche de l’empereur suit l’incroyable périple à travers l’Antarctique des manchots empereurs pour transmettre la vie. Ce documentaire émouvant et poétique met en lumière la résilience et l’énergie vitale d’une espèce animale face à des conditions d’existence extrêmes.

Film précédé des courts métrages L’arbre d’Or et Le banquet d’Or, réalisés avec les jeunes de l’association Les Enfants de la Goutte D’Or.

SAMEDI 24 AOÛT
JARDIN DES TRAVERSES (Paris 18e)

Wild Plants
(Nicolas Humbert, 2016)

Wild Plants explore les histoires de jardiniers urbains, d’activistes et de coopératives agricoles aux Etats-Unis (Detroit) et en Suisse (Genève, Zurich). Ce documentaire polyphonique dresse le portrait de ceux qui quittent la société de consommation pour retourner à la terre, créant de nouvelles façons de vivre ensemble et de trouver du sens à travers des pratiques agricoles innovantes et poétiques.

Film précédé des courts métrages L’arbre d’Or et Le banquet d’Or, réalisés avec les jeunes de l’association Les Enfants de la Goutte D’Or.

DIMANCHE 25 AOÛT
PARC DE LA BUTTE DU CHAPEAU ROUGE
(Paris 19e)

Le Garçon et le monde (Alê Abreu, 2013)
Ce film suit le voyage d’un jeune garçon quittant son village pour découvrir le vaste monde industriel. À travers une animation poétique, le film aborde les impacts de l’industrialisation sur l’environnement et la société, mettant en lumière la nécessité de protéger notre planète et de promouvoir des modes de vie plus durables et solidaires.


VENDREDI 30 AOÛT
JARDINS FAMILIAUX
Les Arpents (Rue des Huleux) (Stains)

Mia et le Migou
(Jacques-Rémy Girerd 2008)
Mia, une fillette de dix ans, quitte son village en Amérique du Sud pour retrouver son père, ingénieur sur un chantier qui transforme une forêt tropicale en complexe hôtelier. À travers une montagne mystique et une forêt magique, elle découvre un arbre extraordinaire, confrontant ainsi les véritables pouvoirs de la nature et l’impact écologique de la construction.

16h30 – 18h : médiation ludique par la médiathèque Louis Aragon : crayonnage sur images pour découvrir la technique utilisée par après la mise en couleur des images, quizz, papier découpé sur la forêt amazonienne…

SAMEDI 31 AOÛT
TERRE TERRE (Aubervilliers)

Ponyo sur la falaise (Hayao Miyazaki, 2008)
Dans Ponyo sur la falaise, nous suivons l’histoire d’une petite fille-poisson qui aspire à devenir humaine. Ce conte enchanteur de Hayao Miyazaki (studios Ghibli) met en avant l’importance de protéger nos océans et de vivre en harmonie avec la nature, tout en célébrant l’innocence et la curiosité de l’enfance.

VENDREDI
6 SEPTEMBRE
AMPHITHÉÂTRE DU PARC DE BELLEVILLE
(Paris 20e)

Birds of America
(Jacques Lœuille, 2020)

Birds of America retrace le voyage de Jean-Jacques Audubon au début du XIXe siècle, lorsqu’il parcourt la Louisiane pour peindre les oiseaux du Nouveau Continent. Ses œuvres capturent un monde disparu d’une beauté inouïe, avant l’ère industrielle. Aujourd’hui, sur les rives du Mississippi, le film offre une perspective différente sur le rêve américain.

Film précédé des courts métrages L’arbre d’Or et Le banquet d’Or, réalisés avec les jeunes de l’association Les Enfants de la Goutte D’Or.

SAMEDI 7 SEPTEMBRE JARDIN LUC HOFFMANN (Paris 19e)

Marcher sur l’eau
(Aïssa Maïga, 2021)

Dans le nord du Niger, le village de Tatiste lutte pour survivre face au réchauffement climatique. Chaque jour, Houlaye, 14 ans, parcourt des kilomètres pour puiser l’eau, sacrifiant l’école. Pendant ce temps, les adultes quittent leurs familles pour chercher des ressources vitales…

17h – 18h : atelier bombes à graines animé par Graines populaires.

VENDREDI 13 SEPTEMBRE
PRAIRIE DES MURS À PÊCHES
(Montreuil)

Koyaanisqatsi
(Godfrey Reggio, 1982)
Documentaire spectaculaire, Koyaanisqatsi est une expérience visuelle et sonore saisissante. Le film met en regard la beauté de la nature et de civilisations ancestrales, face aux inquiétantes possibilités de la société technologique.

SAMEDI 14 SEPTEMBRE THÉÂTRE DE VERDURE – SQUARE TOUSSAINT LOUVERTURE
(Paris 20e)

Les Gardiennes de la Planète
(Jean-Albert Lièvre, 2023)
Les Gardiennes de la planète nous plonge dans l’univers fascinant des baleines, mammifères marins qui peuplent les océans depuis 50 millions d’années. Ce film souligne les précieuses leçons que les humains peuvent tirer de leurs modes de vie pour préserver l’équilibre de notre écosystème.